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Depuis un an, tout le monde scrute la course aux modèles. Plus larges, plus rapides, plus multimodaux. On décortique les benchmarks, on commente les performances, on guette la prochaine release qui promettra un “nouveau palier d’intelligence”. C’est devenu un réflexe collectif. Pourtant, dans la plupart des organisations, la réalité est ailleurs : l’IA est déjà assez bonne pour changer la manière dont on décide. Le goulet d’étranglement ne se situe plus dans la technologie. Il se situe dans la capacité des équipes à absorber ce nouveau rythme.

La rupture actuelle, elle est dans la cadence. Les signaux affluent plus vite, les cas d’usage se multiplient, les fenêtres d’arbitrage se raccourcissent. Ce que l’on appelait autrefois une “décision stratégique” ressemble désormais à un enchaînement de micro-choix continus, à faire tôt, à faire ensemble, et souvent à revisiter. Cette densité nouvelle révèle un point que beaucoup sous-estiment : un modèle, aussi performant soit-il, ne sert à rien si les structures de leadership ne sont pas prêtes à décider au tempo qu’il impose.

On en revient à des fondamentaux qui prennent tout leur sens. La clarté. La transversalité. La cohérence. On a longtemps considéré ces notions comme des qualités un peu abstraites, relevant plus du style managérial que de la performance opérationnelle. Aujourd’hui, elles deviennent des conditions d’efficacité. Sans clarté, les boucles se rallongent. Sans transversalité, les données perdent leur valeur. Sans cohérence, les équipes s’épuisent dans des arbitrages contradictoires.

C’est précisément dans ce contexte que la fonction de CIO évolue. Pas vers un rôle de gardien suprême du modèle le plus récent. Pas vers une posture de solutionniste technologique. Mais vers quelque chose de beaucoup plus déterminant : la capacité à organiser la décision. Le CIO devient, de fait, le chef de cohérence   et l’orchestrateur de l’entreprise. Celui qui relie les silos, fluidifie les flux, installe des garde-fous utiles, simplifie les choix, et permet à l’organisation de rester lisible quand la vitesse monte d’un cran.

Sur le terrain, cela change tout. Les programmes avancent mieux quand les équipes travaillent sur une base stable. Les arbitrages techniques et métiers cessent d’être des duels au ralenti. Les priorités sont comprises, partagées et assumées. Et les bénéfices de l’IA – productivité, qualité, vitesse – cessent d’être théoriques pour devenir mesurables.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la technologie. C’est un changement de posture collective. Une nouvelle manière de prendre des décisions dans un environnement où les signaux sont plus riches et plus rapides que jamais. Le choix stratégique n’est plus d’acheter “le plus gros modèle”, mais de construire une organisation capable de décider au bon moment, sur la bonne base, avec la bonne cohérence.

La prochaine frontière de compétitivité ne sera pas algorithmique. Elle sera culturelle et managériale. Elle appartiendra aux organisations qui auront compris que, dans un monde accéléré par l’IA, la valeur ne vient pas de la puissance brute… mais de la clarté.

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